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Votre marque employeur n’a peut-être pas besoin d’être refaite. Elle a besoin d’être rendue visible.

Les tendances en management pour 2025
We Feel Good - Morgan Gutter

écrit par

Morgan Gutter

Concepteur Rédacteur RH

Et si, avant de refaire votre plateforme de marque employeur, vous regardiez ce qui existe déjà ?

Il y a un réflexe assez courant lorsqu’une entreprise décide de remettre sa marque employeur sur la table : commencer par tout reprendre. Revoir la plateforme, retravailler les valeurs, reformuler la promesse, redéfinir les piliers, interroger les collaborateurs, refaire le site carrière… et, quelques mois plus tard, arriver devant un nouveau document de référence parfaitement structuré.

Parfois, c’est nécessaire. Une entreprise a changé, sa stratégie a évolué, ses métiers se sont transformés ou sa promesse employeur ne correspond tout simplement plus à ce qu’elle est devenue. Dans ce cas, revenir aux fondations est évidemment utile.

Mais ce n’est pas toujours le vrai problème.

Dans beaucoup d’organisations, la marque employeur existe déjà. Elle est même parfois beaucoup plus riche qu’on ne l’imagine. Elle se trouve dans les parcours des collaborateurs, dans une manière particulière de manager, dans les possibilités d’évolution, dans les rituels d’équipe, dans l’attachement à un territoire, dans la relation entre collègues, dans la fierté d’un métier ou dans cette anecdote qu’un salarié raconte spontanément lorsqu’on lui demande pourquoi il est encore là quinze ans après son arrivée.

Seulement, personne ne le voit.

Votre marque employeur existe, même quand vous ne communiquez pas dessus

C’est probablement le premier malentendu à lever. La marque employeur n’est pas quelque chose que l’on crée à partir de rien lors d’un atelier de travail. Une entreprise possède déjà une image en tant qu’employeur, qu’elle ait décidé ou non de la piloter. Les expériences des collaborateurs, les candidats passés par un processus de recrutement, les avis en ligne, les prises de parole des salariés ou simplement la réputation de l’entreprise contribuent déjà à construire cette perception.

Et cette perception compte d’autant plus que le candidat arrive rarement devant une offre d’emploi sans contexte. Selon une enquête HelloWork 2025, 86 % des candidats disent se renseigner sur une entreprise avant d’envoyer leur candidature. Ils regardent le site carrière, bien sûr, mais aussi LinkedIn, les contenus publiés, les avis, les profils des collaborateurs ou des dirigeants. Ils essaient de comprendre ce qu’il y a derrière l’annonce.

C’est à cet endroit qu’un décalage apparaît souvent. L’entreprise peut offrir une expérience collaborateur intéressante mais renvoyer extérieurement une image très générique. Elle permet de belles mobilités internes mais n’en raconte aucune. Elle donne beaucoup d’autonomie à ses équipes mais communique avec un discours extrêmement institutionnel. Elle possède des métiers passionnants mais ne les montre qu’à travers une fiche de poste et trois lignes sur son site carrière.

La question n’est alors plus tellement : « Quelle nouvelle marque employeur devons-nous inventer ? » Elle devient : « Qu’est-ce qui existe déjà chez nous et que nous n’avons jamais vraiment pris le temps de montrer ? » Et la nuance est importante.

Le marché de l’emploi rend cette visibilité encore plus stratégique

Le contexte de 2026 rend d’ailleurs cette question particulièrement intéressante. Sur le marché des cadres, l’Apec constate un ralentissement des intentions de recrutement et une plus grande prudence des salariés vis-à-vis d’un changement d’entreprise. En août 2026, 58 % des cadres considèrent qu’un changement d’employeur constitue actuellement un risque. 

Cela pourrait laisser penser qu’il est moins nécessaire de travailler son attractivité puisque les candidats seraient davantage disponibles. Ce serait une lecture un peu rapide. L’Apec observe en parallèle que, parmi les entreprises ayant rencontré des difficultés de recrutement, le décalage entre les candidatures reçues et les profils recherchés est devenu l’un des premiers problèmes rencontrés

Autrement dit, recevoir des CV ne suffit pas. Encore faut-il attirer des personnes qui comprennent l’entreprise, ses métiers, son fonctionnement et ce qu’elle peut réellement leur offrir. Une marque employeur visible sert précisément à cela. Elle ne cherche pas uniquement à augmenter le volume de candidatures. Elle permet aussi à quelqu’un de commencer à se projeter avant même de cliquer sur « Postuler ».

Le problème n’est pas toujours le positionnement. C’est parfois le silence.

Il existe aujourd’hui un véritable paradoxe dans les stratégies de marque employeur. Certaines entreprises investissent beaucoup dans la définition de leur plateforme et relativement peu dans ce qui se passe après. Elles ont travaillé leur promesse, identifié trois ou quatre piliers parfaitement pertinents, produit une belle présentation… puis la marque employeur entre doucement en hibernation dans un dossier partagé.

La plateforme devient alors une sorte de monument historique : beaucoup de travail a été nécessaire pour la construire, tout le monde reconnaît son importance, mais personne n’y passe très souvent.

Or une marque n’existe réellement que lorsqu’elle s’exprime.

Cela suppose de passer d’une logique de stock à une logique de flux. Le stock, c’est le socle : la promesse, le positionnement, les grands messages, la personnalité. Il est indispensable. Le flux, ce sont toutes les preuves qui viennent continuellement rendre ce socle tangible : portraits, reportages, vidéos, prises de parole, récits de mobilité, coulisses, campagnes, événements, contenus métiers, témoignages ou histoires collectives.

Le premier donne la direction. Le second donne de la crédibilité.

Et bien souvent, c’est le second qui manque.

Rendre visible ne veut pas dire publier davantage

Attention cependant : répondre à un déficit de visibilité par une inflation de contenus n’est probablement pas la solution. Passer de deux à huit publications par mois ne transforme pas magiquement une communication employeur en stratégie éditoriale. On peut publier beaucoup et continuer à ne rien raconter.

Nous avons tous déjà croisé ce calendrier éditorial où se succèdent la Journée mondiale du sourire, trois photos de séminaire et une citation de Steve Jobs sur l’innovation. Techniquement, la page est active. Stratégiquement, c’est une autre discussion.

Le vrai enjeu consiste à identifier les preuves les plus intéressantes de l’expérience collaborateur et à leur donner la bonne forme.

Vous affirmez que la mobilité est forte ? Racontez le parcours d’une personne qui a occupé quatre fonctions.

Vous parlez de proximité managériale ? Montrez ce que cela change concrètement dans une équipe.

Vous dites que vos métiers ont du sens ? Emmenez-nous sur le terrain voir leur impact.

Vous revendiquez une culture entrepreneuriale ? Racontez une décision qu’un collaborateur a réellement pu prendre.

Plus le discours est précis, plus il devient crédible. Et paradoxalement, plus il devient simple à produire, parce que l’on ne cherche plus des « sujets marque employeur ». On cherche des histoires qui existent déjà dans l’entreprise.

Commencer par un audit de visibilité plutôt que par une refonte

Avant de décider qu’une nouvelle plateforme est nécessaire, une entreprise gagnerait donc à regarder précisément ce qu’elle possède déjà. Que dit-elle d’elle-même ? Que montrent ses contenus ? Quels métiers sont visibles et lesquels ne le sont jamais ? Qui prend la parole ? Quelles preuves soutiennent réellement ses promesses ? Quelle image obtient-on lorsque l’on regarde dix publications d’affilée ? Et surtout : est-ce que cette image ressemble à l’expérience que décrivent les collaborateurs ?

L’exercice peut réserver quelques surprises.

Une entreprise convaincue d’avoir un problème de positionnement découvrira parfois qu’elle possède déjà une histoire très différenciante mais ne l’exploite pas. Une autre constatera que son discours fonctionne très bien auprès de ses équipes mais reste incompréhensible pour quelqu’un qui ne connaît pas son secteur. Une troisième découvrira que trois de ses métiers stratégiques sont quasiment absents de toute sa communication.

Dans ces situations, inutile de faire table rase. Il faut plutôt remettre le réel au centre et organiser sa mise en récit.

 

Chez We Feel Good, nous avons une conviction assez simple : une marque employeur n’a pas toujours besoin d’une nouvelle promesse. Elle a souvent besoin de davantage de preuves, de visages, d’histoires et de régularité.

Avant de reconstruire la maison, cela vaut donc parfois le coup d’ouvrir les volets.

Votre prochaine campagne est peut-être déjà là, juste sous vos yeux.

 

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Vous avez le sentiment d’avoir beaucoup de choses à raconter, sans vraiment savoir par où commencer ? On peut vous aider à faire émerger ce qui mérite d’être vu, puis à en faire une marque employeur qui vit vraiment. Parlons-en.

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